Il n'ya "pas de cause spécifique pouvant expliquer ledécès" de Chantal Sébire, dont le corps aété découvert par sa fillemercredi à son domicile dePlombières-lès-Dijon (Côte-d'Or), selon lesconclusions de l'autopsie, a affirmé vendredi leprocureur de la République de Dijon, Jean-PierreAlacchi.
Après plusieurs heures de réflexion, leparquet de Dijon a finalement ordonné l'autopsie (...)réalisée dès jeudi et dont les résultatspourraient être connus vendredi", affirmait dans lasoirée le site internet Le Figaro.fr. Uneinformation que le procureur de Dijon, joint parl'AFP, s'est refusé à infirmer ou confirmer.
Suicide? Mme Sébire y était "violemmenthostile". Euthanasie active? Elle la souhaitait avecforce depuis des semaines mais la justice, conformémentà la législation en vigueur, l'a refuséelundi dernier.
Alors décès naturel? Chantal Sébire"souffrait d'une maladie potentiellement mortelle",une "esthesioneuroblastome", maladieorpheline et incurable, qui se développe dans lacavité nasale et déforme cruellement le visage, arappelé jeudi à l'AFP son médecin traitantEmmanuel Debost.
Mais, jeudi matin, le procureur dela République de Dijon, Jean-PierreAlacchi, "en l'état actuel desinvestigations", n'avait toujours pastranché. "Il n'y a à cette heurepas d'éléments suffisants" pourdéterminer les causes de la mort de MmeSébire, a déclaré M. Alacchià l'AFP, reportant ainsi toutecommunication officielle.
"Je me pose la question desavoir si l'on va faire ou non uneautopsie", s'est interrogé M. Alacchiajoutant que "l'apparence externe du corpsne présentait pas departicularités", et qu'il continuait derecueillir" des déclarations "auprès desproches" et des gendarmes "en charge del'enquête" préliminaire.
"S'ils font l'autopsie c'est honteux", s'estinsurgé Me Gilles Antonowicz l'avocat de ChantalSébire. "Si Mme Sébire s'était jetéedans le canal (de Bourgogne) tout proche de son appartement,il n'y aurait pas eu d'enquête et là ils feraientune autopsie comme ils l'ont faite pour le fils de MarieHumbert" qui avait aidé son filstétraplégique à mourir en 2003, a encorefustigé Me Antonowicz, joint au téléphone par l'AFP.
Autre élémentd'incertitude, la présence ou non demembres de sa famille -- Mme Sébire a trois enfants etun frère-- auprès de cette ancienne institutricequi demandait avec insistance depuis plusieurs semainesà "mourir dans la dignité" et sollicitaiten vain une euthanasie active. "MmeSébire était trèsentourée" par sa famille "mais on n'est passûr qu'au moment de son décès sa fille aitété présente" alors que c'est elle"qui a découvert le corps", a préciséle procureur.
Au-delà de la très forte émotion suscitéepar la médiatisation dès fin février de cedouloureux dossier, le cas de Chantal Sébire aura, cinqans après l'affaire Humbert, relancé le débatsur l'euthanasie active légale comme elle estpratiquée dans plusieurs pays d'Europe (Pays-Bas,Belgique, Luxembourg, Suisse).
Mercredi, peu avant ladécouverte du corps de Mme Sébire, leprésident de la République Nicolas Sarkozy, àqui la malade avait écrit, avait reçu sonmédecin traitant.
Le Premier ministre François Fillon a pour sa partchargé le député UMP et cardiologue JeanLeonetti d'une mission d'évalutation de la loi de 2005--qui porte son nom et a été votée àl'unanimité-- relative au droit des malades et àl'accompagnement en fin de vie.
La nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, NadineMorano, a déclaré jeudi "à titrepersonnel" qu'elle était favorable à lacréation d'une "commission nationale d'euthanasieà qui reviendrait le soin d'examiner les casexceptionnels graves".